Le retour de la croissance économique

02 avril 2021 | Vidéo

Quand notre vie reprendra-t-elle son cours normal ? C’est encore difficile de le dire à ce stade mais après douze longs mois de pandémie, nous pouvons enfin affirmer que le vent commence à tourner pour l’économie : la croissance est en vue. Cependant, il y a un revers à la médaille : la hausse des taux d'intérêt. Qu'est-ce que cela signifie pour vous en tant qu’investisseur ?

L’ajustement des prévisions de croissance économique

La croissance économique redémarre. Enfin ! L'OCDE a relevé ses prévisions de croissance de l'économie mondiale à 5,6 % pour 2021. Deux facteurs jouent ici un rôle important : les campagnes de vaccination et les mesures de soutien des pouvoirs publics. Sur ces deux points, les États-Unis obtiennent les meilleurs résultats. Près de 29 % de la population américaine a déjà reçu une 1ère dose de vaccin, et les aides publiques en 2021 ne représentent pas moins de 12 % du produit intérieur brut. Selon les analystes, la croissance américaine pourrait atteindre 6,5 % cette année. Soit quasi le double des prévisions initiales et de quoi compenser le creux de 2020. En Europe, en revanche, les choses évoluent plus lentement. Seule 11 % de la population est déjà partiellement vaccinée et les mesures de relance budgétaire en 2021 ne représentent que 6 % du produit intérieur brut. Une croissance de près de 4 % est attendue en 2021 dans la zone euro.

Les taux d’intérêt montent, mais pas de panique

La relance de l'économie génère une hausse des prévisions d’inflation. Car maintenant que la demande augmente - ce qui est positif en soi -, le niveau général des prix est aussi amené à augmenter. Cependant, il faut relativiser. En Europe, l’inflation attendue a assez rapidement augmenté mais elle n’est toutefois que de 1,5 %. Ce chiffre reste inférieur à l'objectif de 2 % et il s’agit avant tout d’une normalisation. Aux États-Unis, les attentes en termes d’inflation se situent autour de 2,4 %, juste au-dessus du seuil de 2 %.

Ces pressions inflationnistes se traduisent actuellement par une hausse généralisée des taux d'intérêt, ce à quoi les bourses ont réagi avec un peu de nervosité.

Ces taux d'intérêt plus élevés sont-ils problématiques ?

Une hausse des taux d'intérêt met le prix des obligations existantes sous pression et par conséquent, la partie obligataire des portefeuilles a tendance à se déprécier. Mais d’un autre côté, cela signifie aussi que les rendements obligataires des nouvelles émissions sont plus intéressants, ce qui est plutôt une bonne chose. Par ailleurs, nous entendons souvent dire que la hausse des taux d'intérêt est défavorable aux actions. Mais ce n’est pas toujours vrai. Historiquement, nous avons connu plusieurs périodes de hausse des taux d'intérêt au cours desquelles les marchés boursiers ont malgré tout continué à progresser. Et comme il s’agit actuellement plutôt d’une normalisation des taux d’intérêt, nous ne nous attendons pas à ce que les marchés d’actions en pâtissent réellement. En outre, pour certains secteurs, des taux d'intérêt plus élevés sont plutôt bénéfiques. C’est notamment le cas pour les banques et les compagnies d'assurance.

Les effets positifs l’emportent donc à ce stade. Par ailleurs, les banques centrales ont déjà indiqué qu'elles maintiendraient les taux d'intérêt sous contrôle jusqu'à ce que la reprise soit ancrée et que le taux d'emploi soit suffisamment élevé. Nous ne nous attendons donc pas à une hausse spectaculaire des taux d'intérêt.

Quoiqu’il en soit, sachez que nous suivons de près l'évolution des taux d'intérêt comme il se doit.

Les bourses dans le vert

La hausse des taux d'intérêt a provoqué une certaine nervosité, mais dans l'ensemble, les marchés boursiers ont bien presté depuis le début de l’année : +8,5 % au niveau mondial, +10 % aux États-Unis, +7 % en Europe et +6 % en Asie hors japon.

Au cours du dernier trimestre, nous avons observé clairement une rotation dans la sélection des actions. Bon nombre d’investisseurs ont profité des valorisations élevées au sein du secteur technologique pour prendre leurs bénéfices et se tourner ensuite vers des actions de type value. Ces actions ont le plus à gagner de la reprise économique tels les secteurs de l'industrie, de la construction et de l'automobile. Les valeurs auxquelles profite la hausse des taux ont également la cote, tout comme les matières premières.

À côté de cela, on observe également que les investisseurs ajustent leur exposition géographique, en se tournant davantage vers l’Asie en raison de son potentiel de croissance attractif.

Enfin, les plus petites capitalisations boursières, les small & mid caps, suscitent également un certain intérêt après avoir été quelque peu à la traîne en 2020 en comparaison avec les actions plus liquides.

 
 
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